Un parallèle entre le moyen-âge et l’Empire Romain

Comme certain le savent, je suis passionné par l’antiquité romaine et sa modernité. Je l’étais moins par le moyen-âge, qui nous est présenté comme une période sombre de notre histoire. Mais en écrivant Le gouffre du Diable, dont l’histoire se déroule en 1327, j’ai découvert un univers ressemblant souvent à celui qui me tient tant à cœur  : Rome vers la fin du premier siècle de notre ère  et telle que je la décrit dans Le complot de Marcus Antonius Primus et Massilia.

Je n’avais jamais fait le lien entre le monde féodal et l’aristocratie Romaine, mais la première découle pour beaucoup de celle établie par les romains à travers le système des villas et des comes (délégués locaux de l’Empereur): les uns s’adjugeant le gouvernement des campagnes, les autres des villes et les régions tout autour.

Le servage en occident est un autre point de similitude entre les deux époques. Ce système, qui fut l’une des caractéristiques médiévales, découle de son équivalent romain. Lors de la transition entre les deux régimes, la main d’œuvre était faite d’esclaves (servus) qui, liés à un domaine, sont devenus les serfs. Et s’ils ont surtout existé dans les campagnes, c’est qu’en ville la masse de la population était faite d’artisans « libres ». Les serfs ont donc hérité du statut romain lié à leur condition. Leur existence ne se concevait pas autrement qu’assujettie à la terre dont ils dépendaient. Cela s’est particulièrement vu en Grande-Bretagne, où l’interdiction était faite à tous paysans de circuler sans autorisation seigneuriale. En France, Philipe le Bel autorisa les serfs à racheter leur liberté. Mais là encore, le concept n’était pas nouveau, puisque la chose était commune à Rome.

D’un point de vue vestimentaire, on trouve, là encore, les marques d’une époque sur la seconde. Les vêtements sacerdotaux de 1350 ne sont qu’une adaptation de ceux portés par le commun des mortels à l’époque romaine. Les chaussures, les tuniques, et jusqu’aux patins qui sont décrits dans mon livre existaient déjà sous la République et étaient utilisés à travers tout l’Empire. Même les hauts-de-chausses moulants, qui font leur apparition vers 1340, ne sont pas nouveaux en tant que tel. Ce ne sont que l’évolution des braies gauloises, dont les formes n’ont cessé de changer pour devenir, aujourd’hui, nos pantalons.

Je n’ai pris des libertés historique dans mon dernier roman qu’avec l’héroïne du Gouffre du Diable. Son indépendance ne correspond ni à l’époque romaine, ni au moyen-âge. En revanche, le traitement des femmes, tel qu’il est décrit, est bien réel et appartient aux deux époques. Les femmes n’avaient aucun droit, si ce n’est celui d’obéir à leurs pères ou maris et de se taire.

Je suis aujourd’hui de retour au 1er siècle ap. J.-C. J’écris la suite des aventures de Lucius Apex, mais je vaisle réitérer cette incursion moyenne-âgeuse. Cette fois à une époque plus proche de celle romaine, à une époque où Rome n’est plus qu’un lointain souvenir, mais pas si tard que ça pour ne pas en ressentir toutes les influences. J’imagine une histoire en 600 ou 700, avant les invasions musulmanes, à la charnière entre les deux modes de vie, donnant ainsi un sens parfait au terme moyen-âge.

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