Massilia, quand une image se confronte au besoin du marketing

L’histoire derrière la photo de couverture de Massilia est celle de l’angoisse de la page blanche, si tant soit peu que cela puisse exister en photographie.

Les couvertures précédentes des livres représentaient toutes un individu dans un décor naturel. Pour Massilia nous voulions partir sur l’idée d’une nature morte pour des raisons que j’ai aujourd’hui oubliées. L’inspiration a, cependant, été très longue à venir ; et je n’arrivais pas à conceptualiser le début de quelque chose.

Moi, Laureen Keravec, pour une fois devant l'objectif de l’appareil photo.
Laureen Keravec, photographe

J’ai commencé par réunir des éléments qui pouvaient suggérer le monde romain : une jarre ; une dague pour rappeler les assassins qui sévissent dans le roman. J’ai essayé des compositions en intérieur avec des branches mortes, des feuilles séchées, une sorte de gobelet en métal, mais je n’arrivais pas à retranscrire l’ambiance que j’avais en tête. Je n’avais pas la bonne texture de fond pour un rendu qui puisse me plaire. J’ai fait des essais avec ce que j’avais chez moi, mais ça ne rendait pas ce que je désirais et rien ne vaut les éléments naturels. J’ai donc tout chargé en voiture et je suis partie à la recherche d’un sol fait de sable et d’un mur en vieilles pierres, que j’ai tout de même fini par trouver.

J’ai passé une heure à essayer de créer des associations d’éléments afin de retranscrire en une image cette idée d’assassins arrivant à Rome par vagues successives et se fondant dans la masse pour assassiner l’empereur. Je voulais cacher une dague parmi des effets du quotidien (1) pour donner cette impression. J’ai finalement réussi à faire une photographie qui intégrait tous les éléments de façon cohérente (2) ; et c’est cette photographie que nous avons initialement choisie pour la couverture.

Thierry a alors publié son livre et lancé le marketing associé. Tout fonctionnait correctement jusqu’à ce qu’Amazon refuse les publicités sur son site américain à cause du sang figurant sur l’arme. Il m’a donc recontactée avec l’idée de refaire le même type de mise en scène, mais en omettant, cette fois-ci, le sang sur la lame.

Couverture initialement choisie

Il m’a ensuite rappelée quelques jours plus tard, et j’avais peur ce que fût pour se renseigner sur l’avancement du projet : je n’avais pas eu le temps de faire quoi que ce soit. En réalité, et après études des résultats donnés par les publicités précédentes qu’il avait faites sur Facebook ou Amazon, il s’est aperçu que celles qui fonctionnaient le mieux avaient à chaque fois un rapport à l’humain ; chose qui manquait cruellement sur ce projet.

Je suis donc repartie sur une nouvelle idée se rapprochant de ce qui avait été fait pour le Complot de Marcus Antonius Primus. J’avais en tête un homme en toge, dont on ne voyait pas le visage, avec une dague à la main et en arrière-plan des rochers et la mer pour suggérer Massilia. Un ami m’a gentiment fourni une armure complète qui collait beaucoup mieux avec l’histoire du livre. J’ai ensuite trouvé un modèle, pour qui il ne fut pas facile de marcher sur les rochers avec les sandales aux semelles cloutées typiques de l’armée romaine à cette époque !

On a dû faire deux séances photo afin d’obtenir un résultat : la première fois il faisait trop beau (étonnamment, il peut faire trop beau pour faire des prises de vue) ; et pour la seconde on a eu assez peu de temps à cause d’une grosse averse qui nous a forcés à nous mettre à l’abri … Eh oui ! l’armure en métal n’aime pas l’eau !

Mais malgré tout cela, nous avons réussi à collecter assez de matériel pour réaliser la couverture, et c’est une photo de la première série qui fut choisie pour celle-ci.

Pour me contacter directement :

laureen.keravec.photographepro@gmail.com
https://www.facebook.com/laureenkeravec/

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